Vous avez des difficultés avec l’argent ? Commencez par vérifier votre transit !

Publié le 15 novembre 2018

Gérard Vallat, psychothérapeute – bientôt à Paris pour un séminaire sur les émotions – animait ce samedi un séminaire à Mulhouse sur « Ma relation à l’argent ». Un thème qui concerne évidemment tout le monde, mais qui est rarement abordé de manière aussi directe : comme il le rappelle, « l’argent est l’un des sujets les plus tabous, dans les familles, dans les entreprises… et même en psychothérapie ! Les gens ont parfois beaucoup moins de problèmes à parler de leur vie sexuelle que de leur rapport à l’argent… »

Ce séminaire était passionnant et je vous en propose une synthèse en trois articles :

  • le premier montrant comment un bon usage de l’argent suppose la mise en place d’un bon « transit » – sur le modèle d’un bon transit intestinal

  • le deuxième rappelant la différence entre les besoins, les envies et les désirs, dont la confusion est à l’origine de très nombreuses difficultés dans notre rapport à l’argent

  • le troisième, basé sur les enseignements d’Alain Crespelle, montrant comment ces difficultés sont souvent résumables autour de trois scénarios (fourmi, cigale et moucheron) et comment sortir de ces scénarios suppose de se donner un certain nombre de permissions.

Commençons donc par la mise en place d’un bon transit de l’argent. Comme le rappelle Gérard Vallat, « il y a tout un tas de choses qui rentrent chez nous : la nourriture, l’amour, le savoir… et l’argent. Tout un ensemble de choses que nous devons digérer, assimiler. Et parfois, cela ne circule plus ». Gérer mon rapport à l’argent, c’est d’abord gérer une histoire de transit, en 4 phases : l’incorporation, la digestion, la rétention et l’expulsion. Le processus peut bloquer à chacune de ces étapes, et pour le rétablir, nous devons donc développer un certain nombre de qualités pour le « refluidifier ».

1. L’incorporation

C’est l’étape de l’appropriation, des achats. Deux blocages, deux dérèglements sont possibles :

  • Certains vont se couper de leurs besoins, ne rien demander, rester passifs, en apparence « sans besoins ». Ils vont attendre que leur situation s’améliore, quémander de l’aide ou même parfois ne pas demander une aide à laquelle ils ont droit (comme de très nombreuses personnes qui ont le droit à des aides sociales et ne vont pas les réclamer).

  • D’autres vont faire exactement le contraire, et se lancer dans une forme de boulimie d’achats : ce sont les acheteurs compulsifs, qui ne peuvent pas s’arrêter lorsqu’il y a des soldes, une promotion, qui ne « peuvent pas ne pas acheter » dans un vide-greniers ou une salle des ventes. Ils achètent des objets qu’ils n’utilisent pas, et sont souvent coincés ensuite dans un sentiment de honte.

Dans les deux cas, il s’agit de personnes qui n’ont plus une conscience claire de leurs besoins. Ils vont donc devoir réapprendre le vrai désir d’acquérir – il pourra leur être utile de connaître la différence entre besoins, envies et désirs, et l’utilité de chacun d’entre eux !

2. La digestion

C’est l’étape des investissements, des placements. De nouveau, deux dérèglements sont possibles :

  • Soit une attention excessive aux placements – la personne qui vérifie ses comptes tous les jours, passe ses journées à surveiller les cours de bourse.

  • Soit une avidité destructrice – la personne refuse la gestion organisée de son argent, elle gaspille tout en cherchant parfois à « aspirer » les biens de proches.

Cette fois, pour réguler les désordres l’important va être d’apprendre à faire fructifier ses biens, à en tirer profit.

3. La rétention

C’est l’étape des économies, de l’accumulation. Une personne qui « bloque » à cette étape va être prise d’une « rage d’accumuler », elle n’aura aucune joie à dépenser son argent, au contraire aura peur de perdre son temps et/ou son argent. Ce sont les avares, que Gérard Vallat appelle joliment « les constipés du maroquin ».
La solution : (ré)apprendre l’ordre, le sens de l’économie.

4. L’expulsion

C’est la fin du cycle, l’étape de la dépense, de la vente, de la production. Les problèmes se rencontrent lorsque :

  • les dépenses deviennent compulsives

  • les dépenses sont uniquement le moyen de recevoir (par exemple un mécène qui exige que son nom soit cité partout)

  • les dépenses sont un moyen d’attirer l’attention (je dois dépenser plus que ceux de ma catégorie sociale)

  • les dépenses sont un moyen d’obtenir sa revanche (je vais dépenser l’héritage pour me venger de mon père)

Avoir un rapport sain à l’argent, c’est régler tous les problèmes de mon « transit financier ». Ce qui signifie réfléchir tout d’abord à l’étape, ou aux étapes dans lesquelles je pourrais identifier des dérèglements, puis mettre en place des stratégies pour fluidifier de nouveau le cycle « d’entrée / sortie » de l’argent.

La recette ? “Apprenez à gagner de l’argent, à en économiser, à en donner. Distribuez 10% de vos revenus, consacrez en 10% au remboursement de vos dettes, 10% à la constitution d’un capital à investir, subvenez à vos besoins sur les 70% restants… et gérez vos frustrations !”

Anthony Robbins

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