Pourquoi j’ai quitté Facebook

Publié le 19 novembre 2019

Je me suis inscrit sur Facebook début 2015, pour faire la promo de mon dernier spectacle de théâtre, et parce que je voulais développer une activité en direction du grand public, bâtir une communauté autour des questions de l’intelligence émotionnelle et de la communication autonome. J’ai publié – des news et des événements – payé des publicités, demandé de l’aide (rémunérée) de pros… bref apparemment fait le job. 

Mais en fait je sais bien que je n’ai pas investi le plus important : mon envie et ma volonté. Je n’ai jamais aimé ce réseau, intérieurement j’y suis toujours allé un peu à reculons, et donc aujourd’hui j’ai décidé de fermer mes comptes Facebook, Messenger et Instagram. Je garde Whatsapp, qui est une plate-forme difficilement contournable en Espagne (même les kinés et les garagistes l’utilisent pour fixer un rdv…)

Voici les 4 grandes raisons, totalement personnelles, de ma décision.

Des raisons pratiques. Je pense être un bon connaisseur du numérique, dont j’ai vu l’importance dans notre vie quotidienne exploser lorsque j’étais journaliste high-tech au Figaro Économie. Mais je n’arrive pas à gérer les réseaux sociaux. Cela me demande beaucoup d’énergie, comme si mon cerveau n’arrivait pas à se mettre dans ce mode de communication « éclatée », fragmentaire, ultra-court. Je n’aime vraiment pas le  défilement en rafales, j’en ressors fatigué, un peu morose comme si je regrettais d’avoir passé tant de temps devant tant de vide.  Du coup, je vais me simplifier la vie en ne restant que sur un seul réseau, Linkedin.

Des raisons tactiques. En voulant proposer les outils dont je dispose à la cible la plus large possible, j’ai vérifié le proverbe « qui trop embrasse mal étreint ». Donc j’ai décidé de me reconcentrer sur les personnes que je connais le mieux, celles qui travaillent en entreprise. A partir de ce moment-là, le choix de laisser tomber Facebook et de me concentrer sur Linkedin était évident.

Des raisons esthétiques. Depuis le départ je suis frappé par le contraste spectaculaire entre les plateformes existant sur le marché (y compris en entreprise) et Facebook. En termes de design, d’ergonomie, de prise en main intuitive, j’ai l’impression que ce truc dit en permanence qu’il a été créé par une bande d’informaticiens et qu’il n’a jamais vraiment évolué dans sa philosophie. Et je n’ai pas envie de passer du temps dans un endroit laid et compliqué.

Des raisons éthiques. Je me moque un peu du tombereau d’insanités publiés sur cette plate-forme. Mon idée était juste de ne pas laisser ça rentrer « chez moi » et de publier des contenus de qualité. 

Mais je me suis lassé des scandales successifs prouvant – selon moi – que cette entreprise est manipulatrice (i.e. influençant de manière cachée) et pas suffisamment sécurisée. Point d’orgue : le projet de crypto-monnaie Libra, qui est pour moi un grand bras d’honneur aux règles de fonctionnement démocratiques, et les auditions de Mark Zuckerberg face au Congrès américain fin octobre à ce sujet. 

J’ai eu l’impression d’une communication au-delà de la langue de bois et qui n’avait pas progressé d’un iota depuis Cambridge Analytica. Le message à peine voilé, c’est : « nous faisons absolument ce que nous voulons, comme nous le voulons. Et nous allons à peine mettre les formes, pour que ce soit bien clair. »

Je ne cherche à convaincre personne. Mais je me suis dit que j’allais probablement avoir des questions sur la disparition de mes pages et publications, donc autant fournir les réponses. Et puis aussi parce que cela va dans le sens de ce que je veux aujourd’hui : faire ce qui me fait envie, me rend joyeux, me simplifie la vie, et est en accord avec mes principes.

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