Pourquoi il faut faire des réunions courtes !

Publié le 18 juin 2020

« – Bonjour, vous êtes bien Aurélien Daudet ? Est-ce que cela vous intéresserait de participer au prochain voyage de presse de Computer Associates et d’interviewer Charles Wang ? »

Je venais d’être nommé co-responsable du suivi de la high-tech au Figaro Économie, en 1998 (22 ans… aïe), mais même si j’étais tout nouveau je savais déjà que Computer Associates (CA) était le deuxième éditeur de logiciels derrière Microsoft, et que son patron et fondateur Charles Wang était l’une des stars du secteur. D’où ma réponse, dans mon anglais hésitant :

« – Yes, of course ! »

– OK, je vous rappelle. »

À la fin de l’après-midi, nouveau coup de fil :

« – Ok, donc vous serez avec nous pendant ce voyage, et vous aurez un entretien d’une demi-heure avec Charles le dernier jour. C’est ok pour vous ?

– Euh… une demi-heure ? C’est court quand même ? Je travaille au Figaro Économie, vous n’êtes peut-être pas au courant, mais c’est l’un des journaux français les plus importants ? 


– Si je sais, c’est pour cela que je vous propose cet interview ! Et d’ailleurs tout le monde, y compris le Financial Times qui est très important pour nous, a droit à la même chose : une demi-heure. Est-ce que vous êtes ok ou pas ? 

– Euuuuh, oui bon, d’accord… »

Pour tous ceux qui parmi vous pensent que j’avais la grosse tête… ça n’est pas entièrement faux. Mais ça n’est pas la seule raison. À l’époque, les seuls patrons que je rencontrais étaient des français (j’étais en charge de plastiques-bois-jouets-mécanique… et j’ai oublié le reste). Avec eux, le tarif c’était : « on se donne une heure… ? » – et tout le monde savait que cela voulait dire une heure minimum. Du coup, en partant pour les Etats-Unis, j’avais trois angoisses : les deux classiques (1. est-ce que je vais arriver à comprendre et à me faire comprendre malgré mon anglais niveau Top Gun et 2. je ne comprends rien à leur business) et une nouvelle : « comment est-ce que je vais faire pour avoir suffisamment d’infos en une demi-heure pour écrire mon papier !!! »

En fait, c’est lors de cette interview avec Charles Wang que j’ai compris pourquoi une demi-heure suffisait largement pour être efficace. Le patron que je rencontrais savait exactement où il allait, où il voulait m’embarquer, ce dont il voulait me convaincre. À la différence de ses homologues français, mon air de bébé et le niveau assez faible de mes questions (je venais d’arriver !) avaient l’air de le laisser totalement indifférent. J’étais un moyen, les personnes qu’il voulait toucher étaient les lecteurs du Fig Eco.

Et bien sûr j’ai bien galéré pour faire rentrer tout ce que j’avais appris dans le calibrage étriqué du journal. (À l’époque, comment vous dire… les boîtes high-tech n’étaient pas encore les stars qu’elles allaient devenir – tant mieux sinon je n’aurais sans doute pas été nommé à ce poste !)

Pourquoi je vous raconte cette histoire ? Parce que c’est l’un de mes 257324 exemples sur pourquoi faire court dans vos réunions. Comment y arriver ? Rejoignez-moi sur la formation GRATUITE et INÉDITE que j’organise la semaine prochaine ! 

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