Méditer : un futur basique de l’hygiène ?

Publié le 20 octobre 2017

« Notre vision, c’est que méditer sera bientôt aussi banal que de se brosser les dents. Cela fera partie de notre routine quotidienne. On traite nos dents avec respect, en les brossant, en les soignant. On devrait vraiment prendre soin de notre esprit et de notre cerveau avec autant de respect. » Professeur Richard Davidson, Université du Wisconsin.

Je viens de regarder un documentaire diffusé sur Arte, sur « Les étonnantes vertus de la méditation », que j’avais enregistré lors de sa diffusion et qui est disponible désormais en VOD ou en DVD. De manière simple et très bien illustrée, ce documentaire résume 40 ans de recherches sur les effets positifs de la méditation sur le fonctionnement de notre corps en général et de notre cerveau en particulier.

Méditation et neuroplasticité. Premier axe, la méditation vue comme une forme d’entraînement mental. Le cerveau se modifie avec l’expérience et avec l’entraînement. La plupart du temps ça se passe malgré nous, en fonction de ce qui se passe autour de nous. Avec la méditation on oriente volontairement la neuroplasticité.
Les scientifiques ont démontré – en général à l’aide de l’imagerie numérique – comment méditer modifie durablement la structure de notre cerveau. Par exemple, huit semaines de méditation réduisent l’activité de l’amygdale, siège de la peur et des angoisses dans notre cerveau limbique. Cela nous permettra de vivre plus légèrement notre quotidien, et sera aussi d’une très grande aide pour le traitement de la dépression.
« Apprendre la méditation à des patients fragiles sur le plan dépressif leur permet de limiter considérablement le risque de rechute dans les années qui suivent et ça a la même efficacité que le maintien sous anti dépresseurs », explique Christophe André, qui a introduit la méditation il y a quinze ans à l’hôpital Sainte-Anne. Les études scientifiques montrent que méditer vingt minutes par jour réduit de 50% le risque de rechute dans la dépression !

Méditation et stress. L’Organisation Mondiale de la Santé a défini le stress comme la grande pandémie du 21ème siècle. Or les dernières études montrent que la méditation a un effet anti-inflammatoire et donc joue un rôle significatif dans la prévention ou l’amélioration de nombreuses maladies chroniques.
Dans le détail, le documentaire se focalise sur le rôle du cortisol, hormone produite par les glandes surrénales pour permettre à l’organisme de répondre efficacement en cas de menace. Lorsque nous avons un niveau de stress trop important, et de manière durable, le cortisol en surproduction peut affaiblir nos défenses immunitaires.
Méditer permet de réguler le taux de cortisol et donc de limiter ses effets négatifs sur notre santé. Il a même été prouvé que des personnes ayant une bonne pratique de la méditation avaient des réactions inflammatoires moins importantes que des personnes « normales ».

Méditation et douleur. Le sujet de la douleur, ou plutôt de l’anticipation de la douleur, me paraît très lié à la question du stress. Or les études citées dans ce documentaire observent chez les méditants une réduction de l’activité cérébrale avant la douleur, en anticipation de celle-ci, et aussi de l’activité cérébrale après la douleur. Pendant la douleur en revanche, le cerveau des grands méditants s’active pleinement, avec une réaction supérieure à la moyenne, pour permettre à l’organisme de réagir le plus efficacement possible. La méditation ne change pas la douleur – il faut quitter le mythe du fakir insensible à la douleur. En revanche, elle fait clairement évoluer le rapport, la relation que nous allons avoir avec la douleur.

Méditation et vieillissement. Dans un dernier volet, le documentaire s’intéresse aux études les plus récentes sur l’impact de la méditation sur nos cellules, et en particulier sur nos chromosomes. Ces derniers sont protégés à leurs extrémités par des télomères, « un peu comme les capuchons en plastique au bout de nos lacets », explique le professeur Elissa Epel, de l’Université de Californie. Avec le temps, les télomères raccourcissent, et quand ils sont trop courts la cellule ne peut plus se diviser, ce qui freine le renouvellement des tissus. Nos cheveux blanchissent, notre peau se ride, les maladies liées à l’âge apparaissent.
Les télomères jouent donc un rôle vital pour préserver la santé de notre organisme, et ils raccourcissent à un rythme qui dépend de nos gènes, de notre hygiène de vie, de notre environnement. Les scientifiques ont voulu savoir si ce rythme pouvait aussi être influencé par la méditation. Ils ont prouvé qu’à la fin d’un programme de trois mois de méditation intensive, les niveaux de télomérase (l’enzyme chargée de freiner le raccourcissement des télomères) étaient 30% plus élevés. Et qu’après un stage de seulement 3 semaines, on constatait déjà un rallongement significatif des télomères. Conclusion : « la longévité physique d’une personne est liée à son état psychologique d’une façon absolument mécanique », sourit le professeur Clifford Saron, de l’Université de Californie.
Là encore, restons sérieux, la méditation n’ouvre pas les portes de la jeunesse éternelle ! Le vieillissement cellulaire est irréversible. Mais la méditation semble permettre de ralentir ce vieillissement, ou « au moins d’éviter de l’accélérer ». Le but, c’est de vieillir en meilleure santé, de rester plus longtemps en bonne santé.

Ce documentaire est remarquable par sa simplicité et par la qualité des personnes interviewées. En 50 minutes, il aborde un très grand nombre de sujets – et donc ne prétend pas les couvrir en détails – et je trouve que c’est une excellente introduction à un domaine encore mal connu dans notre culture occidentale.
J’ai raconté dans un autre article comment et pourquoi je me suis mis à la méditation, il y a seulement quelques mois. À ma grande joie, j’ai déjà constaté un certain nombre d’effets positifs, que je détaillerai dans un autre post. Mais je peine encore à pratiquer de manière régulière, jour après jour – alors que toutes les études montrent que c’est là que la méditation devient réellement efficace pour l’amélioration de notre quotidien. Cet article, c’est un moyen pour me souvenir de l’importance de cette pratique, et pour en faire progressivement un réflexe – comme le « brossage de dents » !

Et vous ? Vous en pensez quoi ? Vous avez déjà testé la méditation ? Si nous nous encouragions ? Réagissez dans les commentaires en bas de cette page !

6 commentaires

Isabelle Letrun

27 octobre 2017 à 16 h 12 min

ah oui j’oubliais, pour compléter mon message, j’essaye de pratiquer tous les jours, du lundi au vendredi et je me laisse le we sans “activité”…

Isabelle Letrun

27 octobre 2017 à 14 h 01 min

Cet article me “parle” énormément ! La méditation devrait être enseignée dans les écoles et je pense que nous y arriverons très prochainement… quant à moi, je médite un peu tous les jours, les effets bénéfiques sont avant tout un meilleur contrôle de soi surtout devant des situations parfois compliquées, rester maître de ses émotions et savoir rester zen, quand cela est possible bien évidemment mais ça aide sans aucun doute… Grâce à la méditation, chacun a également les idées plus claires et est plus ancré dans le moment présent. Bref, un sacré atout pour tous !

Aurélien Daudet

27 octobre 2017 à 14 h 39 min

Bonjour Isabelle, merci pour ton commentaire ! Comment médites-tu ? Avec une appli ? Ou bien seule ? J’utilise Petit Bambou, et j’apprécie leurs mails d’encouragement / rappels quand je n’ai pas utilisé l’appli depuis un petit temps ou bien qu’au contraire je me suis reconnecté. Et sur quel rythme pratiques-tu ?

Isabelle Letrun

27 octobre 2017 à 16 h 10 min

ah oui j’oubliais, concernant la méditation j’essaye de pratiquer tous les jours ou au moins du lundi au vendredi…

Chloé

23 octobre 2017 à 17 h 09 min

Ce documentaire est très intéressant et rassurant pour toutes les personnes qui méditent. Personnellement, depuis que je médite je suis plus attentive à ce que je fais au quotidien, j’ai l’impression de vivre mieux les situations agressives (avec plus de sérénité et des réponses calmes) et surtout je vis mieux mes migraines chroniques !

Isabelle Letrun

27 octobre 2017 à 16 h 07 min

Alors en fait je pratique la méditation en même temps que je fais mes auto-traitement (reiki) et parfois indépendamment du reiki, sinon j’ai une musique que j’ai glaner sur youtube (chants oiseau, pluie etc…) ainsi qu’un CD spécialement adapté au reiki et j’essaye de rester concentrer une dizaine de minutes…

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