La peur au travail : ce que vous en dites

Publié le 24 octobre 2019

La semaine dernière, j’ai proposé aux abonnés de mon site de me répondre sur trois questions liées à la peur au travail. D’abord, quelles sont les peurs fréquemment rencontrées en entreprise ? Ensuite, quelles sont les questions qu’ils se posent sur cette émotion ? Enfin, quels sont les outils qu’ils souhaiteraient obtenir ? Voici la synthèse de leurs réponses. 

Peur

Si vous avez d’autres idées, suggestions, questions, indiquez-les dans les commentaires ! Je ferai en sorte que le document que je publierai avant la mi-novembre y réponde au mieux.

Alerte spoiler Si vous allez au bout de ce document, je vous indique quelques pistes de réponses que j’ai déjà décidé d’aborder !

1. Peur au travail : finalement, peu de variantes…

  • La peur du jugement. La peur la plus fréquemment citée est celle « de ne pas être à la hauteur », de « mal faire », de « ne pas tenir les délais », « de ne pas atteindre mes objectifs ». Certains y voient « la peur de ne pas être parfait », liée éventuellement à la « culpabilité si je venais à décevoir ».
    Certains parlent du syndrome de l’imposteur, comme « la peur d’être démasqué », que « les autres finissent par voir que je suis nul ». Cette peur du regard d’autrui, qu’il s’agisse de collègues (plus encore quand ce sont des supérieurs hiérarchiques) ou de clients,  peut se manifester en face à face, en réunion, ou face à un public nombreux (souvent plus fortement dans ce dernier cas).

  • La peur du changement. Un nouveau job, un nouveau projet peuvent déclencher la peur « d’afficher son manque d’expertise et son inexpérience ». Conduire le changement, c’est aussi devoir être confronté aux peurs des autres – comment réagir ? Des managers me disent avoir des difficultés à « rassurer » leurs équipes (et du coup avoir peur en n’y arrivant pas ?)

  • La peur des conflits. Comment faire face à des personnalités « nocives », « toxiques », « violentes » ou « manipulatrices » ? Vouloir éviter tout conflit semble pour certains augmenter la confusion, rendre les prises de décisions compliquées, et même conduire à des colères rentrées si fortes que « pour éviter la colère des autres », ils finissent par « avoir peur de leur colère »…

  • La peur de l’avenir. Les personnes qui ont cité cette peur de la « pérennité de l’activité » sont plutôt des travailleurs indépendants. Mais on peut imaginer que la peur de ne plus avoir de travail soit aussi présente chez les salariés ?

  • Une conséquence principale : la peur comme frein. L’expression qui revenait le plus souvent était celle de « peur qui bloque » – que ce soit « l’initiative », « les questions », « la créativité », « les décisions » – et par conséquence, « la peur qui diminue la confiance en soi ». 

2. Un rêve impossible : maîtriser nos peurs

  • Apprendre à contrôler mes peurs. La peur étant principalement vécue comme une expérience négative, en particulier un frein à une énergie vitale, les personnes interrogées veulent évidemment « s’en débarasser », du moins « la voir venir de loin », « savoir comment l’anticiper au maximum », et pour la plus grande majorité trouver le moyen de la contrôler. Les mots qui reviennent le plus sont : « maîtriser », « surmonter », « apprivoiser », « dompter ». La peur semble être vécue comme un animal sauvage, dangereux, qu’il faut « assumer » et arriver à contrôler pour arriver à « vivre avec ». 

  • La question de l’origine de nos peurs. D’où vient cette créature étrange, qui nous appartient mais que l’immense majorité continue à décrire comme extérieure à eux-mêmes ? Qu’est-ce qui nous fait peur, ici et maintenant ? Quelles peurs avons-nous gardées de notre enfance ? Comment faire la distinction entre peurs, angoisses, craintes, phobies ?

  • Comment identifier la peur ? Y a-t-il des manifestations physiques de la peur ? Comment voir s’il y a une autre émotion cachée derrière une apparente peur ? Ou bien si au contraire une émotion très différente cache en réalité une peur ?

3. Une ambition encore vague : faire de la peur un moteur

Certains se demandent s’il existe de « bonnes peurs », et d’autres vont même jusqu’à envisager que la peur puisse être une « forme d’excitation », porteuse « d’adrénaline », et aimeraient savoir utiliser cette énergie. Il semble que certaines personnes caressent le vague espoir de faire de la peur une alliée…

4. Une synthèse et quelques ouvertures 

  • En synthèse, la peur semble être une émotion très présente en entreprise, même si elle est souvent « masquée pour ne pas paraître faible ». Elle prend des formes finalement assez semblables entre les personnes. Et elle est vécue comme un adversaire d’origine assez floue, et qu’il faut arriver à soumettre. 

  • Le but de mon travail : vous donner des clés simples pour un bon usage de la peur

    • L’origine de la peur et son utilité fondamentale. La peur est une émotion positive (comme toutes les autres !), qui nous indique un danger et nous donne l’énergie pour nous enfuir ou demander de l’aide. 

    • Le mécanisme de la peur, depuis son déclenchement jusqu’à nos choix comportementaux. La peur est un mécanisme chimique, incontrôlable, mais dont les manifestations physiques sont clairement identifiables. Et nous pouvons guider nos pensées pour faire des choix comportementaux conscients face à cet indicateur précieux. 

    • Les techniques simples pour identifier et utiliser nos peurs pour notre bien. Verbaliser notre émotion, évaluer les risques de manière rationnelle, trier entre les peurs légitimes, ici et maintenant, et des sentiments proches et pourtant très différents, ou bien qui sont liées à nos peurs d’enfant, celles qui sont un « faux nez » pour d’autres émotions interdites… Et une fois le mécanisme d’identification réalisé, comment utiliser de manière rationnelle l’énergie qui mobilise mon corps ?

    • Des mises en pratique de ces techniques dans des cas racontés par certains d’entre vous. Face à des situations classiques de la vie en entreprise, quelles phrases se répéter, quels comportements adopter pour que la peur soit une alliée efficace ? Mon but est que vous puissiez visualiser de manière concrète les techniques que je vous décrirai, et que vous puissiez les utiliser sans délai !

    Ce document sera gratuit. Inscrivez-vous à ma newsletter pour être tenus au courant de sa parution !

3 commentaires

Tug

26 octobre 2019 à 13 h 47 min

Aurelien
Merci pour ce premier travail sur la peur. Un vrai sujet en entreprise!
Un volet me semble important à traiter aussi : La prévention.
En tant que secrétaire de CHSCT je suis particulièrement investi dans la prévention des risques et notamment psychosociaux.
La peur est pour moi une conséquence dont on doit chercher la cause pour traiter le problème à sa source.
Transformer une conséquence en force est bien sûr une bonne chose mais n’y a t il pas des éléments plus puissants que la peur pour avancer.
Combattre les origines de la peur pour la réduire ?? Un axe de réflexion aussi…
Je t’embrasse
A bientôt j’espère.
Tugdual

Tug

26 octobre 2019 à 13 h 47 min

Aurelien
Merci pour ce premier travail sur la peur. Un vrai sujet en entreprise!
Un volet me semble important à traiter aussi : La prévention.
En tant que secrétaire de CHSCT je suis particulièrement investi dans la prévention des risques et notamment psychosociaux.
La peur est pour moi une conséquence dont on doit chercher la cause pour traiter le problème à sa source.
Transformer une conséquence en force est bien sûr une bonne chose mais n’y a t il pas des éléments plus puissants que la peur pour avancer.
Combattre les origines de la peur pour la réduire ?? Un axe de réflexion aussi…
Je t’embrasse
A bientôt j’espère.
Tugdual

Aurélien Daudet

26 octobre 2019 à 15 h 28 min

Hola amigo !
Ton point de vue est tout neuf pour moi, je vais t’appeler pour en discuter, mieux comprendre ce que tu veux dire et l’intégrer dans le boulot final. A défaut de se voir tout de suite, ça sera l’occasion de se parler ? Vale ?

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