« Je ne suis pas la somme de mes actions »

Publié le 31 octobre 2018

La semaine dernière, Sandro Costa Sanseverino est venu animer à Paris deux jours sur « Comment aider les enfants et les ados à développer leur estime d’eux-mêmes ». Les parents ou futurs parents qui s’étaient inscrits sont repartis avec un grand nombre d’outils pratiques pour leurs familles… et aussi pour eux-mêmes ! Car les prises de conscience pour les enfants sont évidemment valables pour les adultes…

Au cœur de ces deux jours, la différence fondamentale entre estime de soi et confiance en soi. La première, c’est « une attitude intérieure qui nous confirme que nous sommes une bonne personne, une personne digne d’amour et de considération ». C’est « la façon de s’accorder à soi-même de la valeur et de s’aimer malgré ses qualités et ses défauts ». La confiance en soi, cousine proche, c’est « cette attitude intérieure qui nous motive et nous pousse à l’effort parce que nous croyons que nous pouvons réussir ».

En résumé, l’estime de soi est du côté de l’être, tandis que la confiance en soi est du côté du faire. Je suis ce que je suis, une belle personne, indépendamment de ce que je fais. Tous les jours j’apprends de nouvelles choses, je développe mes compétences. Tous les jours je fais de belles choses, comme des erreurs, ou des fautes. Et ma valeur intrinsèque reste irréductiblement la même, quoi que je fasse.

Ce que l’on constate tous les jours avec les enfants, mais aussi avec les adultes, en particulier au travail, c’est une confusion dramatique entre les deux. Combien d’entre nous, parce qu’ils ont fait une erreur, vont dire « je suis vraiment stupide ! » Ou bien : « j’ai raté mon examen / ma promotion, je suis nul(le) » C’est tout aussi faux que de dire « j’ai gagné cet appel d’offre, je suis un champion ! »

Relier la valeur que l’on s’accorde à ce que l’on fait et à ses compétences, c’est se condamner à avoir une estime de soi qui fasse le yo-yo en permanence… c’est épuisant ! Pour reprendre une image de Sandro, c’est vouloir remplir une baignoire en rajoutant des tonnes d’eau (en faisant toujours plus, toujours « mieux ») sans avoir mis le bouchon (sans avoir décidé que ma valeur était de toutes façons invariable, identique à celle de tous les autres êtres humains).

Pour éviter les burnouts, commençons par développer une saine estime de nous-mêmes, indépendante de ce que nous faisons…

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