Deux idées simples pour un déconfinement joyeux

Publié le 13 mai 2020

Dans une expérience célèbre de 2016, des chercheurs de l’University College de Londres ont montré que lorsqu’ils avaient seulement une chance sur deux de recevoir un choc électrique, les participants étaient nettement plus stressés que lorsqu’ils étaient certains de recevoir cette décharge. Nous détestons l’incertitude : c’est pour cela que les transports en commun ont commencé à mettre les temps d’attente dans les stations – même si ce temps est long, les personnes sont moins stressées lorsqu’elles le connaissent.

Le déconfinement - Aurélien Daudet

Avec la crise du coronavirus, nous sommes rentrés dans une période d’incertitude généralisée. L’annonce de la sortie du confinement aurait dû nous rassurer en fixant la fin de cette crise. C’est plutôt le contraire qui se produit, car le 11 mai marque en réalité le début du déconfinement. Et donc l’entrée dans une nouvelle période d’incertitude, puisque personne ne peut dire comment il va se dérouler.

Après cinq semaines de confinement, nous commencions à avoir nos repères, une forme de contrôle sur nos vies. Il nous est très difficile de supporter une nouvelle phase de flou – d’autant plus qu’elle s’accompagne de nouveaux risques, une possible deuxième vague de contamination. Pas étonnant donc que beaucoup de personnes expriment un sentiment de lassitude, qui s’est amplifié justement depuis l’annonce de la date du 11 mai : « cela ne finira donc jamais ? »

Rappelons-nous d’abord que l’incertitude est parfois très agréable. Très peu de gens commencent un roman policier en ayant lu les dernières pages… Souvenons-nous aussi que nous avons une capacité d’adaptation face à l’incertitude : quand nous étions enfants, tout était neuf, et c’est plus tard que nous avons limité notre capacité à découvrir ! D’ailleurs, beaucoup de parents m’ont raconté que leurs enfants vivaient bien mieux qu’eux le confinement… 

Je vous propose deux techniques pour retrouver le côté positif de l’incertitude, et reprendre une forme de contrôle sur notre avenir : construire des échéances joyeuses et imaginer des opportunités nouvelles.

À court terme, j’ai par exemple commencé à me fixer des occasions festives d’ici à l’automne, comme un déjeuner de Pâques avec la famille, pour remplacer celui que nous avons dû annuler. Un ami planifie son itinéraire pour son prochain trip en moto. Bien sûr on ne sait pas si cela pourra se faire, ni quand. Mais nous en parlons, et nous avons plaisir à visualiser des moments marquants… et positifs !

À plus long terme, l’idée est d’utiliser tout ce que nous avons inventé pendant cette période pour ouvrir de nouvelles options. L’attention forte à l’état psychologique des salariés peut rester un principe, par exemple en maintenant des réunions courtes, dédiées au « comment allez-vous ? » En matière de communication, les visioconférences ont montré qu’il était possible de faire plus court, plus efficace – alors utilisons le meilleur des deux mondes et appliquons ces nouvelles habitudes quand nous retrouverons les réunions « physiques » ! Les pratiques managériales à distance ont laissé une place beaucoup plus grande à la confiance et à l’autonomie – réfléchissons aux manières d’ancrer le télétravail dans les entreprises, de manière agile et individualisée ? Les frontières de la vie privée et de la vie professionnelle ont été très largement bouleversées : profitons-en pour arrêter de cloisonner ces deux univers et pour prendre soin de nous avec détermination, tout au long de nos journées…

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