Confinement : de la peur utile aux angoisses inutiles

Publié le 14 avril 2020

Il ne faudrait pas que la peur du coronavirus disparaisse trop vite… En revanche, les angoisses qui nous envahissent peuvent devenir toxiques – voici quelques conseils pour ne pas les amplifier et même les réduire !

Photo by niklas_hamann on Unsplash - Confinement : de la peur utile aux angoisses inutiles - Aurélien Daudet

Commençons par rappeler une évidence : il est normal et sain d’avoir peur du coronavirus. D’abord parce que c’est un nouveau virus. Donc, au moins au départ, aucun être humain n’avait d’immunité pour s’en défendre, les scientifiques connaissaient très mal ses caractéristiques (transmission, durée de vie…), ses modes d’attaque ou les populations à risque. Ces zones de flou se sont progressivement réduites, mais il n’y a pour l’instant pas de vaccin, et pas de traitement qui fasse l’unanimité.

Il est donc logique d’avoir peur, puisque :

– la peur nous indique un danger réel. C’est un signal d’alarme proportionnel à ce danger et au contexte dans lequel nous nous trouvons

– Elle nous donne une énergie vitale pour nous protéger, soit par la fuite (ou le combat), soit en demandant de l’aide.

Pour que notre peur saine puisse faire son job, et nous aider à nous protéger, il est essentiel d’en prendre le contrôle. Pour cela, une technique simple est de la reconnaître en disant par exemple à voix haute : « j’ai peur de ce virus », « j’ai peur de ses effets durables et très douloureux, et éventuellement mortels ». Les mots jouent en quelque sorte un rôle de pont entre les émotions et la pensée. Dire notre peur permet de calmer la partie « limbique », plus ancienne, de notre cerveau, et d’activer le « neo-cortex », la partie rationnelle, plus récente, en charge de l’analyse et de la régulation de nos émotions. Et nous pouvons ensuite mettre en place des comportements adaptés : en l’occurrence confinement, gestes barrières, nettoyage régulier des mains…

Comme le disait le philosophe André Comte-Sponville, la prudence est « la science des choses à faire et à ne pas faire », c’est donc elle qui est la bonne réponse à la peur. Au fur et à mesure que nous avons mis en place ces comportements sains de protection, notre peur avait fait son travail et elle a logiquement commencé à diminuer. Attention cependant à ce qu’elle ne disparaisse pas complètement ! Le confinement qui se prolonge, avec les premiers signes, très légers, d’amélioration de la situation, vont probablement inciter certains à oublier justement la prudence de base… et risquer de relancer l’épidémie.

Pour autant, avec la diminution logique de la peur d’autres émotions ont commencé à apparaître, souvent des colères et des angoisses. Nous avons commencé à nous inquiéter, sur des choses plus ou moins importantes : est-ce que je vais pouvoir partir en vacances ? Comment les enfants vont-ils passer leurs examens ? Est-ce que la crise économique va durer ? Est-ce que je vais perdre mon job ?

Alors que les peurs sont une réponse juste et utile face à un danger réel, immédiat, l’anxiété et l’angoisse sont des peurs sans objet concret, présent. On est dans l’attente d’un danger potentiel, et donc dans un état d’insécurité et d’ultra vigilance épuisants à la longue. La peur est une alliée, l’angoisse et l’anxiété en sont comme des maladies, avec lesquelles nous nous compliquons l’existence.

Alors comment ne pas amplifier ces angoisses ? Quelques principes simples :

. Attention à l’overdose d’infos… Restez informés, pour connaître les faits, pas pour entretenir l’angoisse en vous submergeant de mauvaises nouvelles

. Concentrez-vous sur les raisons d’être confiants. Par exemple tout ce que vous avez mis en place pour prendre soinde vous-même et des autres

. Créez de nouvelles habitudes. Faire des choses de manière régulière nous rassure sur le fait que nous contrôlons ce qui nous arrive

. Pratiquez des activités relaxantes : jouer d’un instrument, lire un livre, méditer… plutôt que de repartir sur des sites aux nouvelles déprimantes

. Restez en contact avec ceux qui vous sont chers : le confinement ne doit pas signifier l’isolement. Appelez vos proches ou ceux que vous n’aviez plus le temps de voir… et ne parlez pas du coronavirus !

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