ComTech #5 – « Comment préparer une formation »

Publié le 28 août 2020

La semaine dernière j’ai été contacté par quelqu’un qui va faire un cours dans une université et qui, en préparant ce cours, s’était rendu compte qu’il n’arrivait pas à construire son déroulé. Ses deux questions essentielles étaient : « de quoi ont besoin mes étudiants ? », et « comment leur apporter ce que moi j’aurais aimé avoir lorsque j’étais à leur place ? »

Quelques jours plus tard, il m’a envoyé un mail pour me dire qu’il y voyait « plus clair sur le cap et les moyens à mettre en œuvre ». Je me suis alors dit qu’il pouvait être utile que je regroupe les principaux points de cette discussion dans une vidéo sur « comment préparer une formation ». Pour ceux d’entre vous qui comme lui donnent des cours dans des écoles ou des facs ; et aussi pour tous ceux, peut-être encore plus nombreux, qui animent des formations au sein de leur entreprise, sur une nouvelle procédure, des évolutions réglementaires, un nouveau logiciel…

1. Ne confondez pas empathie et sympathie

La première chose que j’ai demandé à la personne qui m’avait contacté, c’est d’arrêter de se mettre à la place de ses étudiants. C’est juste de se demander dans quel état d’esprit ils sont, de réfléchir à leurs attentes. Mais à force de vous mettre « à leur place », vous allez basculer en « sympathie », c’est-à-dire que vous allez définir votre cours par rapport à leur besoin supposé. Je dis bien supposé, parce que vous n’êtes pas à leur place ! Mon client imaginait les besoins de ses étudiants par rapport à ceux qu’il avait lorsqu’il était à leur place. D’abord du temps a passé, et il est très improbable que vous vous souveniez de votre état d’esprit lorsque vous étiez un débutant dans votre métier. Ensuite, justement comme du temps a passé, il est très improbable que les étudiants d’aujourd’hui aient les mêmes besoins que ceux d’il y a 10 ou 20 ans. De toutes façons nous sommes tous différents, et il est très risqué d’imaginer les besoins de quelqu’un en partant des siens…

Première règle : si vous voulez connaître les attentes de votre public, que ce soient des étudiants ou vos collègues dans une formation que vous faites au sein de votre entreprise… demandez-leur. Mais pour que votre question ait un sens, et que les personnes en face de vous puissent vous répondre, il faut que vous leur demandiez ce dont ils ont besoin par rapport à ce que vous voulez obtenir à l’issue de votre formation.

Avoir une vraie attitude empathique, cela suppose qu’on garde bien conscience que nous sommes différents de nos interlocuteurs. Revenez à votre rôle en tant que formateur, et pour cela soyez clair sur le « cap » de votre intervention, votre objectif !

2. Construisez l’objectif de votre intervention

Que votre prise de parole soit sur une séance, ou sur plusieurs sessions, ce que vous devez vous demander c’est « qu’est-ce que je veux que mes ‘étudiants’ disent, fassent ou pensent lorsque je vais les quitter ? » 

Si la réponse est « que c’était un cours, ou un prof sympa », imaginez qu’ils continuent en disant « … mais je pense que je ne vais rien faire de ce qu’il nous a raconté ». Ou bien « c’était clair, j’ai eu toutes les infos… mais je ne vais rien changer, on a toujours fait comme ça ». Ou bien encore « j’ai trouvé que l’intervenant était un super pro, mais jamais de la vie je ferai le même métier que lui ! »

Faites attention à ne pas confondre les moyens et votre vrai objectif. Pour convaincre votre public, ça peut aider qu’il vous trouve sympa. Mais le vrai objectif, c’est qu’il soit convaincu. S’il fallait choisir entre « formateur sympa » et « je vais appliquer la nouvelle procédure », je pense que vous n’hésiteriez pas longtemps…

Prenons quelques exemples :

. Pour une formation sur un logiciel, l’objectif pourrait être « qu’ils aient envie de l’utiliser », ou bien « qu’ils soient convaincus qu’ils sont autonomes à la fin de la formation ».

. Pour une formation sur une réglementation, « vous convaincre de respecter strictement cette nouvelle règle » (et pas vous la présenter).

. Pour une intervention en école : « vous donner envie de faire le même métier que moi », ou « vous convaincre de postuler dans mon entreprise » (et pas vous expliquer ce que je fais). 

3. Construisez votre plan ensuite, en posant des questions !

Une fois que vous aurez votre objectif, construisez votre plan en partant des éléments qui sont les plus puissants pour l’atteindre en allant vers les moins efficaces. Et surtout sortez de votre prise de parole les éléments qui n’ont pas de rapport avec votre objectif, en commençant par ces « rapides » rappels du contexte dont tout le monde se moque…

Comme je vous le disais en introduction, partez du principe que vous ne savez pas ce qui pourrait convaincre vos interlocuteurs. Donc demandez-leur ! Par exemple, envoyez un mail où vous direz « pour préparer la réunion de la semaine prochaine, j’ai besoin de ton avis. Je veux vous convaincre de X. Selon toi, quels sont les points qu’il faut que j’aborde ? Quels sont les éléments qui pourraient te convaincre ? »

Le jour J, vous pourrez démarrer en annonçant votre objectif : « ce que je veux dans cette formation c’est vous convaincre de / vous donner envie ». Puis vous donnerez votre plan : « Voilà comment j’ai prévu d’atteindre cet objectif : (Partie 1 / Partie 2…). Je remercie les personnes qui m’ont donné les informations utiles pour construire ce plan. Est-ce que c’est ok pour vous ? Ou bien est-ce qu’il faut que je rajoute quelque chose ? »

Si vous voulez avoir plus d’éléments sur la préparation de vos prises de parole… inscrivez-vous à mon webinaire GRATUIT de mardi prochain, 13h30-14h ! Le lien : Comment me préparer avant une prise de parole

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.