Publié le Avr 9, 2022

Comment trouver ce que vous aimez, aimer ce que vous faites, et le faire toute votre vie

Dans son nouveau livre, Love and Work, Marcus Buckingham développe une vision pragmatique, simple… et profondément attirante de la vie professionnelle. Oublions les réflexions sur le temps long (le sens, la vision, le projet) et concentrons-nous sur ce qui nous fait vibrer, ici et maintenant !

 

Comment trouver ce que vous aimez, aimer ce que vous faites, et le faire toute votre vie

En plus d’être un spécialiste reconnu mondialement des études sur les comportements professionnels, Marcus Buckingham est un homme de bon sens. Il a consacré sa vie à étudier ce qui fait que certaines personnes excellent dans leur job… tout en ayant un niveau d’énergie et de plaisir très supérieur à la moyenne. Et il a découvert comment les identifier de manière infaillible.

Quel que soit le secteur, l’entreprise, le pays, la fonction occupée, ces personnes répondent oui, absolument à deux questions très simples :

. Avez-vous la possibilité d’utiliser vos points forts chaque jour ?

. Étiez-vous excité à l’idée d’aller travailler chaque jour de la semaine dernière ?

Les personnes qui s’épanouissent dans leur boulot déclarent faire quelque chose qui leur permet de donner le meilleur d’elles-mêmes. Elles ne font pas nécessairement tout ce qu’elles aiment, ou que ce qu’elles aiment. Mais elles trouvent de la joie dans ce qu’elles font. Tous les jours.

L’idée fondamentale de son livre est qu’il faut abandonner ce mythe du « job parfait », celui qui cocherait toutes les cases et nous permettrait de faire tout ce que nous aimons, tout le temps. A la place, il propose de démarrer une enquête pour identifier les activités qui vous passionnent, où vous vous sentez à l’aise, au top de votre forme, de noter ces moments, ces situations ou ces résultats qui vous remplissent de joie… puis d’apprendre à les intégrer dans ce que vous faites, chaque jour.

Une étude de 2018 de l’ADP Research Institute, menée auprès de 19000 personnes dans 19 pays, a montré que seulement 16% des salariés étaient pleinement engagés dans leur travail – pendant que les autres… « ne font que vendre leur temps et leurs talents en étant rémunéré pour leur peine. » La raison principale de ce désenchantement ? Notre éducation, notre scolarité, les recrutements et les évaluations au sein des entreprises… tous ces processus visent à mettre en place des modèles uniformisés, théoriquement les mieux à mêmes de satisfaire les attentes des organisations. En réalité les niveaux de performance atteints sont faibles parce que ces modèles sont incapables d’intégrer ce qui fait notre singularité absolue. 

Ce qui est profondément positif dans le livre de Buckingham, c’est que d’une part il ne s’arrête pas à ce constat terrifiant… et bien connu. Il ne se lance pas non plus dans une grande réflexion sur ce qu’il « faudrait faire » pour refonder le monde du travail, les principes à installer enfin, et absolument dans les entreprises… Bref, toutes ces grandes déclarations que vous avez déjà entendues ou lues comme moi et qui ne servent en fait à rien. Si ce n’est à renforcer l’idée totalement déprimante « que la plupart des emplois sont nuls, qu’il faut les supporter et non les apprécier, et que ce qu’il faut faire, c’est respirer profondément quand on va au travail, faire son travail et rentrer à la maison ». L’amour et la joie seraient à réserver à vos amis et à votre famille, et pour le reste… « faites-vous une raison ». 

Au contraire, Marcus Buckingham propose : 

. Une méthode simple pour identifier les activités qui nous épanouissent et nous font grandir (ce qu’il appelle notre « fil rouge »)
. Des conseils immédiatement applicables pour passer de plus en plus de temps dans ces activités… quel que soit notre job actuel

Commençons par son questionnaire « fils rouges » : 

À quand remonte la dernière fois…

… où vous avez perdu la notion du temps ?
… où vous vous êtes instinctivement porté volontaire pour quelque chose ?
… quelqu’un a dû vous arracher à ce que vous faisiez ?
… vous vous êtes senti complètement maître de ce que vous faisiez ?
… vous vous êtes étonné de la qualité de votre travail ?
… vous avez été félicité ?
… vous étiez la seule personne à avoir remarqué quelque chose ?
… vous attendiez impatiemment de retourner au travail ?
… vous avez trouvé une nouvelle façon de faire les choses ?
… vous vouliez que l’activité ne s’arrête jamais ?

En croisant vos réponses à toutes ces questions, trouvez – au moins – trois activités qui possèdent trois caractéristiques essentielles pour votre épanouissement : vous vous portez instinctivement volontaire pour les faire, vous vous y plongez en perdant conscience de ce qui vous entoure et le temps y passe comme en un éclair, vous vous sentez maître de ce que vous faites.

Vous pourrez ensuite enrichir votre compréhension de vos « fils rouges » en vous posant pour chacun 5 autres questions :

. Est-ce que avec qui vous le faites a de l’importance ?
. Est-ce que le moment où vous le faites a de l’importance ?
. Est-ce que la raison pour laquelle vous le faites est importante ?
. Est-ce que le sujet est important ?
. Est-ce que la manière dont vous le faites est-elle importante ?

J’ai passé déjà deux bonnes heures à creuser ces deux questionnaires… et je vous garantis que c’est extrêmement riche. Cela donne un tout autre regard sur son quotidien, et des axes très concrets pour l’améliorer ! 

Parce que bien sûr, le processus ne s’arrête pas là. Dans la seconde partie de son livre, Marcus Buckingham donne toute une stratégie pour que nous utilisions toujours plus ces « fils rouges » dans notre job actuel. Je ne vais pas détailler ses principes ici, ce serait beaucoup trop long… et beaucoup moins intéressant que dans son bouquin, qui en plus est bourré d’anecdotes passionnantes, tirées de sa vie personnelle et professionnelle. Mais j’aime profondément sa philosophie : 

« Vous ne trouverez jamais le travail parfait, un travail que vous aimez 100 % du temps. Vous ne ferez jamais ‘uniquement ce que vous aimez’. Mais vous pouvez – chaque jour – trouver une activité, une situation, un moment ou un événement que vous aimez. Ce peut être le plus mince des fils rouges, mais vous pouvez le trouver.

Du moins, vous pouvez le trouver si vous le cherchez délibérément. Commencez donc chaque matin par passer quelques minutes à anticiper ce que pourraient être les fils rouges de la journée. Quelles sont les situations ou les activités qui, selon vous, vous élèveront aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire qu’il s’agisse d’ascenseurs géants – les données de mon institut ne montrent pas que les personnes qui sont extrêmement excitées par leur travail une fois par trimestre sont plus productives et plus engagées. En matière d’amour, la fréquence extrême l’emporte sur l’intensité extrême. Alors disciplinez-vous à consacrer un peu d’attention au début de chaque journée pour choisir vos amours du jour.

En ce sens, votre ennemi ici n’est pas nécessairement que vous n’ayez pas de fils rouges dans votre travail. Votre ennemi est la distraction. Vous avez cessé de prêter attention aux moments que vous aimez, et donc, comme toutes les choses ignorées, ces moments se sont flétris et ont perdu leur puissance. »

Arrêtons de rêver à un « meilleur job » ou au « job idéal », arrêtons d’accuser notre environnement, arrêtons de nous plaindre de tout ce qui ne va pas. Mettons toute cette énergie à identifier les sources de joie et d’énergie qui nous sont totalement propres, pour les semer dans notre quotidien.

4 Commentaires

  1. une méthode qui donne vraiment envie, paraît simple et va solliciter notre réflexion, introspection et nous faire du bien
    merci Aurélien

    Réponse
  2. Dans cette veine, il faut lire ce qui concerne la démarche de l’appreciative inquiry. Pour analyser une situation ou un problème à titre individuel ou collectif, commencer par regarder ce qui fonctionne au lieu de commencer comme on le fait en général par le problème.
    Partir des compétences, qualités, les moments où l’on se sent bien, où il y a du “flow” pour identifier ce que l’on aime et les développer.

    Réponse
    • Merci Michel ! C’est exactement ça – et du coup tu m’as donné envie de me renseigner sur l’appréciative inquiry !
      De manière plus générale, et même si j’ai été formé pendant 5 ans à un système thérapeutique “classique” (l’Analyse Transactionnelle) je trouve passionnants les apports de la psychologie positive (Csikszentmihalyi en tête).
      Abrazo muy fuerte,
      Aurélien

      Réponse

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