Comment sortir joyeusement de sa zone de confort

Publié le 8 novembre 2019

Il y a deux certitudes largement répandues au sujet de la « zone de confort » : 1. « il faut en sortir » et 2. « c’est compliqué ». Dans cet article je veux vous montrer deux choses : 1. que nous le voulions ou non, nous allons sortir de notre zone de confort – à nous de le faire de manière consciente et pour notre bénéfice 2. il est possible de le faire et d’en retirer une joie immédiate.

• Confort… mon œil ! D’abord, l’expression de « zone de confort » me semble partiellement incorrecte. Mieux vaut parler de « zone d’habitudes » : c’est l’ensemble des compétences que chacun d’entre nous maîtrise suffisamment, au travail ou ailleurs (pratique sportive, recette habituelle…) pour pouvoir les exercer sans trop d’efforts et avec une chance élevée de réussite. Le confort dont on parle correspond donc plus à une absence de difficultés qu’à une véritable source de plaisir. D’ailleurs, si c’était vraiment, positivement, confortable, on éviterait à tout prix d’en sortir… et les personnes n’auraient pas des expressions si négatives lorsqu’elles en parlent !

• On ne sort pas de sa zone de confort… on en repousse les limites ! Sortir de sa zone de confort, cela signifie apprendre et tester de nouvelles choses, pour saisir des opportunités ou relever des défis que nous rencontrons au travail ou dans notre vie privée. Chaque fois que nous acceptons de sortir de nos habitudes, nous augmentons notre puissance et nous élargissons notre zone de confort. 

 

D’après Susan Jeffers, Feel the fear and do it anyway

Ce processus d’expansion ne fonctionne qu’à deux conditions :

-> Y aller progressivement. Prendre un trop gros risque, trop vite, c’est s’assurer d’un échec – et donc rester coincé dans ses habitudes d’origine. Certains d’ailleurs, plus ou moins consciemment, choisissent de tenter un « saut » trop important, pour se casser la figure et pouvoir ainsi conforter leurs certitudes négatives les concernant. « Tu vois, je te l’avais bien dit, je ne suis pas capable… »

-> Se féliciter. Ce sont peut-être des « baby steps », mais cela n’empêche pas de reconnaître pour nous-mêmes ou pour les autres chacun de ces succès ! Nous avons un besoin vital de ces signes de reconnaissance donc marquons les succès le plus concrètement possible, par exemple en nous faisons un cadeau, même réduit : un bon repas, un vêtement, un massage, une belle exposition… « Ancrer » ainsi chaque étape entretient la motivation, beaucoup plus efficacement qu’un concept un peu abstrait tel que « je progresse », « je me développe ». 

• Sortons de la « boîte », rentrons dans la « Zone » ! Tout cela est bel et bon, mais où est le plaisir dans tout ça ? L’expression « repousser ses limites » évoque plutôt un processus long et difficile ! Et puis dans le graphique ci-dessus, la zone de confort a beau grandir, elle pourrait quand même finir par ressembler à une pièce entre quatre murs… ?

En fait, mieux vaut passer sur l’idée beaucoup plus dynamique d’une « zone de flow ». L’état de flow est un état de conscience dans lequel les personnes sont totalement immergées dans une activité, et ressentent un plaisir intense. Les recherches du psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi ont montré que cette expérience peut être éprouvée dans n’importe quelle situation, avec une augmentation de la motivation, des performances, des capacités, de la créativité, de l’estime de soi… et une réduction du stress.

Lorsque nous relevons un nouveau défi, nous éprouvons une forme d’excitation, qui peut devenir de l’anxiété si le niveau du défi augmente. Pour revenir dans le flow, nous allons développer de nouvelles compétences, en demandant de l’aide, en allant nous former, et par la pratique. Au bout d’un moment, le niveau de compétence augmentant, nous allons commencer à nous ennuyer. A nous de rechercher alors un nouveau défi, pour remonter dans le flow. 

Ce flow, que les sportifs appellent justement « la zone », est donc un équilibre dynamique entre défis et compétences, entre anxiété et contrôle, et c’est un équilibre joyeux ! Dans son livre Vivre, Csikszentmihalyi le décrit ainsi : « l’information qui entre dans la conscience est congruente avec les buts, l’énergie psychique coule sans effort, les préoccupations à propos de soi sont absentes et le message est positif : ‘tout va bien’ ». 

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il est impossible de rester dans cet état, nous allons toujours sortir de la zone du flow, d’un côté ou de l’autre. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’y revenir de manière consciente, et qu’à chaque fois nous aurons progressé en confiance en nous-mêmes…

ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS ? Postez vos commentaires en bas de cette fenêtre !

Pour en savoir plus sur le Flow, vous pouvez lire aussi sur mon blog :
L’expérience optimale – pour une discipline du bonheur
Le flow dans le sport… et au boulot !

2 commentaires

Tournaire

9 novembre 2019 à 22 h 23 min

Le Flow, j’aime bien l’idée ! Suivant les télématiques abordées (environnement personnel, défis sportifs, projets professionnels, … ) l’équilibre est tout de même jamais le même et donc l’exercice est un peu difficile. Mais positionner des mots et visualiser cette zone d’équilibre est vraiment un plus dans la gestion de cette vision des choses ! Merci pour cet article !

Aurélien Daudet

10 novembre 2019 à 7 h 36 min

C’est vrai que, comme la vie, c’est un équilibre instable. Et tu remarques justement qu’il y a un flow différent dans les différentes « sphères » de notre vie.
La bonne nouvelle c’est qu’il ne s’agit pas d’une sorte de miracle : nous avons toutes les clés pour rentrer dans cet état de flow. Et en mettant de l’énergie consciente à y revenir, nous y reviendrons plus souvent, plus vite et plus longtemps !

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